Ils permettaient d'isoler des logements pour les plus précaires: l'État met fin à cinq programmes de rénovation énergétique
Il s'agit d'une décision "brutale", selon les organisations concernées. La semaine dernière, le 20 octobre, l'État leur a confirmé mettre fin au conventionnement d'au moins cinq programmes dédiés à la rénovation énergétique des ménages très modestes et des collectivités locales, selon ces organismes.
Il s'agit, exactement, des programmes Actee (destiné aux collectivités), Toits d'Abord (porté par la Fondation pour le Logement et destinés aux logements très sociaux), Territoires zéro exclusion énergétique (consistant à accompagner "de bout en bout" les ménages très modestes), mais aussi Tims et Slime (tous deux portés par le réseau Cler, ex-Comité de liaison des énergies renouvelables).
Dans le détail, ces derniers ne pourront plus être financés par le segment "précarité" des Certificats d'économie d'énergie (CEE) l'an prochain, qui représentait pourtant une part significative de leur budget. Au total, ces programmes ont représenté en 2026 un budget d'environ 100 millions d'euros, dédiés à rénovation énergétique pour des publics très modestes, selon le média Politico.
"L’État a choisi, par cette décision, directement ou indirectement, de toucher aux plus précaires", explique auprès de BFM Business Florian Huyghe, directeur adjoint à la Fondation pour le Logement, qui cofinance Toit d'Abord (2,6 millions d'euros provenant des CEE, sur un total de 5,2 millions d'euros).
"Ces programmes agissent auprès des personnes les plus précaires, celles qui sont le plus impactées par l'inflation et le coût de la vie. Pour elles, c'est une double peine", déplore-t-il.
"Recentrer les CEE sur l'électrification"
Lancés ces dernières années (le plus ancien étant Toits d'Abord, initié en 2012), ces programmes visent à "compléter" les dispositifs de rénovation énergétique existants en s'adressant à des publics qui en sont "exclus", expliquent leurs acteurs.
"Il s'agit d'un travail de dentelle", auprès d'associations agréées et d'élus locaux, détaille Florian Huyghe, au nom du programme Toits d'Abord, qui co-finance la rénovation ou la construction de 400 à 500 logements "très sociaux" (des PLAI) chaque année, à raison d'environ 10.000 euros par logement.
"C'est, par exemple, le financement de la rénovation de petits logements dans un village du Gers, d'un logement très social situé dans une copropriété, d'un ancien baptistère transformé en logements pour accueillir des personnes âgées isolées, des jeunes travailleurs, des personnes victimes de violence etc. Des opérations que ne financent pas les grands acteurs institutionnels, car cela ne correspond pas à leur modèle économique", explique-t-il.
Le gouvernement, joint par Politico, explique avoir "décidé de recentrer les CEE sur l’électrification”, soutient le cabinet de la ministre de l’Énergie, Maud Bregeon. "L'idée, ce n'est pas d'augmenter (les volumes) d'obligations des CEE (...) mais de pouvoir réorienter les CEE vers des objectifs de décarbonation et d'électrification", avait déjà indiqué la ministre déléguée au mois de juin.